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CHASSEURS D'ORAGES




Une étincelle dans la nuit...

A l’horizon, la bête grogne. La nature s'apprête à démontrer sa toute puissance.

Un flash illumine la nuit dans un rugissement de fureur, l’orage arrive, il est en colère, plus déchaîné que jamais...

Ce spectacle vous terrifie autant qu’il vous attire ? Êtes-vous prêt à partir à la rencontre de ce phénomène atmosphérique?

Photographe de nature, je suis fasciné depuis longtemps par la magie des éléments, aurores boréales, voûte céleste, orages…

Je nourris ma passion de la photo par l’adrénaline de ces rencontres prestigieuses. Aujourd’hui, je vais vous donner quelques conseils pour mener à bien ce défi photographique.



Pour commencer, un petit mot sur les orages.


L’orage est une perturbation atmosphérique liée aux nuages de type cumulonimbus.

Ce phénomène se forme lorsque l’atmosphère est instable : L’air chaud près du sol, rencontre l’air froid en altitude.

Il se caractérise par des séries d’éclairs et de coups de tonnerre. Souvent, l’orage est accompagné par des phénomènes violents, fortes pluies, rafales de vent, chutes de grêle.

Parfois il peut même engendrer des tornades.

Les éclairs peuvent apparaître entre les nuages. Lorsqu’ils se déclenchent entre les nuages et le sol, on parle alors de coup de foudre.

Le tonnerre est le bruit émis par la vibration de l’air le long de la décharge électrique. Pour en savoir un peu plus je vous invite à aller dans la rubrique «orage» de www.meteofrance.fr




Appréhender l’orage.

Pour vous préparer à cette rencontre, il est important de connaître les signes précurseurs d’un orage. Il faut savoir qu’en France, on recense chaque année plus de 400000 impacts de foudre.

Pour qu’un orage éclate, il faut qu’un puissant courant ascendant donne naissance à un cumulonimbus.

Le relief joue souvent un rôle capital, en aidant les masses d’air chaudes, poussées par le vent, à s’élever le long des pentes (montagnes). Le sol longuement chauffé par les journées d’été, peut, lui aussi, favoriser le phénomène, en réchauffant la basse couche atmosphérique.

De ce fait, les orages sont plus fréquents en été qu’en hiver, et on en dénombre davantage sur terre que sur mer, notamment en montagne.

Les signes précurseurs: Le ciel s’assombrit, de grosses masses nuageuses s’accumulent, les vents se renforcent et tournent en bourrasques.



Il y a de nombreuses applications pour suivre en temps réel l’évolution des cellules orageuses: «My radar, Windy, prévisions du vent, Météo et Radar France, Prévisions Météo et Radar» Ainsi que de nombreux sites, comme:

www.keraunos, www.météociel.fr, www.meteo60.fr...

Le plus compliqué, dans la chasse aux orages, est de trouver le bon positionnement par rapport à la cellule orageuse.

Celle-ci se déplace, parfois très rapidement, et il faut anticiper au maximum.

Si vous prenez l'orage de front, vous allez certainement pouvoir réaliser de bons clichés... au début ! Puis très vite, vous allez vous retrouver en plein cœur de celui-ci, au milieu de fortes pluies et rafales de vent, qui rendront l'exercice impossible, voire très dangereux !

Vous risquez de ne plus rien y voir, d'endommager votre matériel, et le plus grave, vous serez à la merci de la foudre, qui ne vous fera pas de cadeaux. Donc à éviter !

Si vous vous placez derrière celui-ci, vous réaliserez peut-être de bons clichés, mais l'orage qui se déplacera, prendra vite de la distance avec vous, et vous allez devoir courir derrière lui à de nombreuses reprises.

Pour moi, la méthode la plus efficace, et la moins dangereuse, consiste à se placer sur un coté de la cellule, en anticipant sa venue, 3/4 face (à bonne distance), vous pourrez ainsi voir passer l'orage, sans vous retrouver dessous.

Le fait de rester à bonne distance, vous permettra de suivre un éventuel changement de cap et d'anticiper.

Dans tous les cas, vous prendrez des risques, car un orage est un élément naturel dont il est impossible d'anticiper la force, la direction et la durée.



Sous la foudre on ne joue pas avec le feu !!!

A mon sens, La chose la plus importante lorsqu’on décide de partir chasser les orages c'est : LA SECURITE !

Aborder une tempête, c’est avant tout se mettre en danger, Il faut savoir que la foudre peut atteindre la température de 30000°c au sol et qu’elle touche entre 100 et 300 personnes chaque année.

Elle est imprévisible, et peut frapper n’importe où, à tout moment. Mais la foudre n’est pas le seul élément dont il faut se méfier, en général les orages sont accompagnés de fortes pluies et de chutes de grêle, qui peuvent provoquer des inondations soudaines, voire des glissements de terrains.

Le vent, lui aussi, est susceptible de vous mettre en danger, chutes d’arbres ou autres. Lorsqu’on chasse les orages, on fait de nombreux kilomètres et toutes les contraintes évoquées précédemment, accentuent grandement les risques d’accidents de la route.




Sur le terrain il faut rester à bonne distance du phénomène, et près de votre véhicule. Seul votre véhicule vous protégera de la foudre, vous serez en sécurité dans celui-ci grâce à l’effet de «la cage de Faraday» Ne vous mettez pas en position de cible, au milieu d’un champ par exemple, ne vous abritez pas le long d’une paroi rocheuse ou d’un arbre car la foudre frappe les endroits qui culminent.

Si dans le pire des cas, vous vous retrouvez coincé en plaine, mettez-vous en boule au sol, les genoux repliés sur votre cage thoracique. Si vous avez un sac ou autre (poncho) mettez-le entre le sol et votre corps comme isolant, et attendez que ça passe ! Dans tous les cas, ne vous laissez pas surprendre, restez à bonne distance et soyez très vigilant, les orages se déplacent vite, peuvent changer de direction d’un coup et faire tourner la situation en cauchemar !



Le matériel photographique


Pour immortaliser ce spectacle fabuleux, tout appareil permettant un accès aux réglages manuels, offrira la possibilité de prendre la foudre en photo.

Reflex, hybrides, compacts, même certains des derniers téléphones portables devraient pouvoir accomplir cette tâche, canon 400d, obj 10-20mm sigma .

Ce qu’il faut, c’est pouvoir ajuster les 3 paramètres fondamentaux à notre bon vouloir : Ouverture, temps de pose, sensibilité iso.

Vous allez devoir impérativement immobiliser votre appareil, ce qui signifie travail sur trépied obligatoire.

Pour ce qui est du déclenchement, il vous faudra une télécommande avec ou sans fil, ou utiliser la fonction retardateur, afin d’éviter la moindre vibration. Utilisez la fonction «verrouillage du miroir» si votre appareil le permet.


Pour ce qui est des objectifs, il n’y a pas de recommandation spécifique, chaque objectif peut faire l’affaire. Mais j'ai tout de même une préférence pour les objectif grands angles, car la photographie d’orage reste dans le domaine du paysage, et ces objectifs permettent de couvrir un maximum de champs.

De plus, les éclairs peuvent être vraiment immenses. Il existe aussi des accessoires capables de déclencher l’APN lors des coups de foudres, un capteur permettant de fixer la moindre variation d’intensité de la lumière dans l’atmosphère et ainsi prendre la photo, (très pratique pour les orages en journée).

Il faut aussi penser à la protection de votre appareil, car, qui dit orage, dit pluie. Il existe des poches de protection pour protéger votre APN et vos objectifs. Le pare-soleil aussi s’avère bien pratique pour protéger le verre de l’objectif des gouttes d’eau.

N’hésitez pas à visser un filtre protecteur sur votre objectif, c’est peu onéreux et ça protège vraiment très bien la lentille, en cas de pluie, chocs et chutes.




Les GPS et les smartphones peuvent eux aussi s’avérer bien pratique. Quand vous chasserez les orages, vous allez devoir suivre la cellule attentivement, pour anticiper et choisir vos points de prise de vue.

Les applications seront fort utiles pour avoir un suivi en temps réel. Le GPS, quant à lui, vous permettra de vous déplacer et de vous guider vers ces points stratégiques.

Quand on suit un orage, on est amené à rouler vers des endroits que l’on ne connaît pas, souvent de nuit et sous la pluie. Les repères visuels disparaissent, et le GPS s’avère alors très efficace.



Figer la foudre


Passons à la technique de prise de vue…

Pour figer un éclair, l’idée est simple : réaliser une pose longue en espérant que la foudre s’abattra à l’emplacement choisi.

Cette technique est très efficace lorsqu’il fait nuit. En effet, l’obscurité nous permet de réaliser des poses allant de 15 à 30 secondes, ce qui augmente nos chance de capter un, voire plusieurs éclairs en une prise de vue. Nous choisirons un réglage iso entre 100 et 200 et une ouverture qui nous donnera un bon ratio profondeur de champ luminosité, entre F8 et f14.

Dans un premier temps, réalisez votre cadrage et pensez à la composition de votre image. Faites votre mise au point sur l’infini, pour être sur d’avoir un éclair bien net.

Choisissez un temps de pose d’une vingtaine de secondes, une ouverture à f12 (par exemple). Commencez à 100 iso et prenez quelques photos.

Une fois un éclair capté, analysez votre image, histogramme et veillez à ce que les blancs (sur la foudre) ne soient pas surexposés.

Ajustez vos paramètres: Si votre image est trop sombre, vous pouvez ouvrir votre objectif, passez de f12 à f10 - f8, et/ou montez votre sensibilité iso à 200-400.

Si votre image est trop claire et surexposée sur la foudre, fermez le diaphragme de votre objectif à f14 – f16.

Réalisez d’autres photos, analysez-les à nouveau et répétez cette opération jusqu’à obtenir un bon résultat.

Vous pouvez aussi allonger le temps de pose jusqu’à 30 secondes. Celui-ci augmentera vos chances de cumuler 2 voire 3 éclairs sur votre photo.



En journée, le travail est plus complexe, la lumière ambiante compliquant la prise de vue en pose longue.

Dans un premier temps, réglez vos paramètres afin de faire rentrer le moins de lumière possible au niveau de l’ouverture et des iso, 100 iso et F16-18.

Ajustez un temps de pose en fonction, pour avoir un histogramme correct. Vous pouvez utiliser des filtres gris neutre sur votre objectif pour augmenter le temps de pose.

Utilisez le mode rafale de votre appareil et coincez le déclencheur de votre télécommande.

Ceci est une technique (théorique), mais personnellement je ne trouve pas cette méthode très bonne.

Vous allez vous retrouver avec énormément de photos pour seulement quelques éclairs, le capteur de votre appareil va chauffer et s’endommager à la longue.

Il existe une autre solution : L’utilisation d’un détecteur de foudre.

Un boîtier, monté sur le porte flash de votre APN, connecté par le port de la télécommande. Il va déclencher la prise de vue lorsqu’il y aura le moindre changement de luminosité dans l’atmosphère.

Ainsi, votre APN ne se déclenchera que lorsqu’il y aura un flash. Cela évitera d’abîmer le capteur de l'appareil et de vous retrouver avec 500 photos en 10 minutes.

Faites de la place sur vos cartes mémoires, et pensez à charger vos batteries avant chaque sorties.



Nature indomptable.


Certes nous ne vivons pas à "tornado alley", mais il faut être très prudent lorsqu'on chasse les orages.

Certains d'entre eux peuvent devenir vraiment très violents. Il faut savoir qu'en France, on note l'apparition de quelques tornades, le phénomène restant très rare, mais pas impossible.

On ne sait jamais comment cela peut tourner... la nature est indomptable, elle l'a beaucoup prouvé par le passé, restons prudent face à ses coup de sang !


Respectez au maximum ces quelques consignes de sécurité pour ne pas vous attirer les foudres du ciel. Pour finir, lors d'un orage, la nature nous fait part d'un spectacle sensationnel.

Vous allez vibrer au rythme des coups de fouet lumineux, vous allez trembler, avoir peur, mais vous en prendrez plein les yeux, c'est une certitude.

Vous ne réussirez peut être pas cet exercice du premier coup, mais le succès de ce défi passera par le travail et la persévérance...

Ne vous découragez pas!







Yannick Legodec "Chroniques d'un chasseur d'images"


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